La spirale infernale du multiculturel.

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C’est une marque caractéristique de notre époque que de voir les pouvoirs en place utiliser des concepts ambigus dont l’un des aspects, apparemment bénin, sert à dissimuler l’impact dévastateur de l’autre sur la vie des citoyens.

Il en est ainsi du concept multiculturel. 

Quand un sondage est réalisé auprès de la population pour demander si la société d’aujourd’hui est multiculturelle et si la chose est positive, les gens répondent généralement que oui. 

On peut raisonnablement déduire d’une telle réponse que la majorité des gens est tolérante et est capable de percevoir que les apports culturels variés, gastronomiques, littéraires, musicaux, dans la mode, etc… sont un enrichissement pour leur propre culture. Considéré sous cet aspect, le mot multiculturel n’apparaît pas comme dangereux et paraît même plutôt sympathique.

Mais le concept du « multiculturel » apparaît aussi dans le champ politique. La promotion de la société multiculturelle est devenue omniprésente en Occident. Le « multiculturel » en devenant politique officielle d’état est devenu le multiculturalisme, un monstre destructeur de sociétés.

Si l’on prend un instant pour considérer la composante fondamentale de toute société, de ce qui fait sa force et sa cohésion, on découvre que c’est l’identité de projet commun et la solidarité d’individus qui se perçoivent comme semblables et sont prêts à se battre pour se sauvegarder les uns et les autres de violences extérieures ou de la tyrannie.

Le multiculturalisme est l’outil forgé pour la destruction de ce projet commun, de cette solidarité, de cette volonté de mutualiser les efforts pour le bien de tous. Le multiculturalisme c’est la transformation délibérée d’une société raisonnablement homogène en un territoire fragmenté, livré au tribalisme communautaire générateur d’indifférence, de méfiance et finalement de violence.

Le projet multiculturel n’est pas le résultat fortuit de l’évolution des choses et une adaptation naturelle de nos sociétés comme le pensent souvent les gens. Le multiculturalisme est le fruit d’une transformation politique délibérée visant à nous faire passer d’un système d’indifférenciation basé sur l’égale dignité des êtres à un système basé sur la diversité donnant droit à l’exception.

La diversité, quand elle est minoritaire, légitime désormais l’exigence de ne pas respecter la règle commune. L’exigence d’assimilation et la demande d’adhésion à la norme majoritaire devient oppression et crime contre l’Humanité.

La justification du basculement dans le nouvel ordre multiculturel repose sur trois a priori :

  • La culture fait l’individu et est primordiale dans la définition de son identité. Toute stigmatisation ou rejet de croyance, de rites, de traditions ou de pratiques minoritaires est donc directement assimilable au racisme.
  • En conséquence, tout manque de respect et de refus d’acceptation d’une différence culturelle sont une oppression et la marque d’un autoritarisme culturel. Ceci provoque automatiquement chez les minorités un sentiment de dévalorisation, d’aliénation et de souffrance psychologique grave aux conséquences multiples.
  • Les crimes occidentaux datant de l’époque de la colonisation obligent nos sociétés à se faire pardonner en acceptant toutes les revendications culturelles issues de minorités. Décider ce qui est acceptable ou pas sur notre propre sol, c’est faire preuve de « suprémacisme culturel » et de stigmatisation.

 

Comme écrit par le philosophe Charles Taylor :

« Là où une politique de dignité universelle s’est battue pour des formes de non-discriminations qui étaient aveugles aux différences entre les citoyens (ex : l’ethnicité, le sexe ou les orientations sexuelles) la politique de la diversité redéfinit souvent la non-discrimination en l’exigence que nous faisions de ces distinctions la base d’un traitement différentié. »

Le paradoxe du système multiculturel est qu’il est censé être basé sur le principe que nous devons un égal respect à la dignité de chaque individu. Mais en liant ce qui constitue la dignité à ce qui rend les gens différents au lieu de ce qui les rend semblables, ce principe devient promoteur de relativisme culturel, de nationalismes culturels réactionnaires et d’inévitables revendications à l’exception.

Aucun des trois a priori censés justifier la politique multiculturelle de nos états ne tient l’examen attentif. Et pourtant, acceptés sans réserves et pris ensembles comme ils le sont aujourd’hui, ils fonctionnent comme un système auto-justificateur :

Une politique basée sur les différences – le multiculturalisme, la politique de la diversité, appelez cela comme vous voulez, les termes sont interchangeables – est nécessaire pour combattre l’ethnocentricité des populations autochtones, l’intolérance et le racisme.

Du coup toute critique et résistance au multiculturalisme devient une manifestation d’intolérance et de racisme, ce qui nécessite alors le renforcement… de la politique multiculturelle !

C’est la spirale infernale dans laquelle les sociétés occidentales sont actuellement engagées de par la volonté des élites au pouvoir. Le projet politique multiculturel combiné à l’immigration de masse vise à la disparition de la cohésion des états-nations, il est sidérant que ces politiques n’aient jamais été discutées démocratiquement et que l’avis des citoyens n’ait jamais été sollicité à leur sujet. Il est enfin temps de dire que le prix de cette course délibérée vers la dislocation du corps social et la communautarisation est la violence. Une violence due à la montée des tensions inter-groupes et qui, parallèlement, s’accompagne de la perte des libertés individuelles causée par des états devenus censeurs de la pensée et imposeurs de tolérance.

Rien de tout ceci n’est inéluctable, l’arrivée au pouvoir d’une nouvelle classe politique, l’adoption d’une politique volontariste et courageuse, suffiraient à nous faire sortir du naufrage multiculturel. Encore faudrait-il que les citoyens trouvent la volonté de procéder à un renouvellement de leurs dirigeants.

 

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