Et si les manifestants de Pegida n’étaient pas des nazis mais d’authentiques démocrates?

 

Tangible et vérifié : les marcheurs de Pegida (Patriotes européens contre l’islamisation de l’occident) qui réclament la fin de l’invasion musulmane étaient 20 000, dimanche dernier à Dresde.

Tangible et vérifié : aucun peuple européen n’a été consulté sur l’immigration non neutre musulmane du Maghreb, de Turquie et d’Afrique. Pegida est donc l’expression de la démocratie.

Tangible et vérifié : dans certaines villes, certains districts, certaines régions d’Europe, la présence musulmane atteint 70% de la population. Ce chiffre est compensé par des régions où la présence d’immigrés est quasi nulle, ce qui permet de présenter des « moyennes » à 5, 10 ou 20% rassurantes. A 70%, l’identité et la culture traditionnelles disparaissent sans qu’aucun citoyen n’ait rien demandé.

Tangible et vérifié : les médias présentent les manifestants de Pegida comme une « agrégation de néo-nazis, de jeunes hooligans, de paumés sociaux et d’ouvriers inquiets de la montée de l’islam. »

La quasi totalité des manifestants de Pegida sont des libéraux conservateurs, et non des extrémistes

Tangible et vérifié : tout ceci est faux, constate l’enquête de l’institut Göttingen d’étude démocratiques de l’université de Göttingen conduite auprès des manifestants de Pegida de Dresde :

  • « 35% ont un diplôme universitaire ; 0,6% n’ont aucun diplôme.
  • 7,1% sont des ouvriers. 
  • 37,3% ont le statut de salarié ou d’indépendants. 
  • 77% ont actuellement un emploi ; 9,2 sont des retraites.
  • 44,8% votent pour l’AFD (Alternative pour l’Allemagne) un parti eurosceptique, favorable à l’UE mais opposé à l’Euro, conservateur et adepte d’une économie libérale qui pourrait s’approcher des Républicains américains, très difficilement comparable à une extrême droite. 
  • 28,5% votent CDU/ CSU, les deux principaux partis conservateurs allemands, là encore, pas vraiment des néo-nazi.

Avant hier, les médias niaient l’immigration. Hier ils vantaient le vivre ensemble. Et aujourd’hui ils affirment que les populations doivent comprendre que l’Europe est « multiculturelle. »

La prudence s’impose donc.

On doit ainsi prendre avec beaucoup de recul les « récits » des médias qui décrivent Pegida comme des nazis. Même si, parmi eux, se trouvent d’ignobles personnes (un d’entre eux s’est fait un selfie grimé en Hitler et a été exclu du mouvement).

Lorsque, sous la plume d’un Frédéric Martel, dans Slate – un des médias de la pensée unique – on lit « qui est Allemand aujourd’hui? Que signifie être Allemand désormais? », il est aisé de deviner à quel camp idéologique il émarge lorsqu’il parle de Pegida, et ce qu’il va écrire.

Lorsque le journaliste reconnait qu’il y a eu « 500.000 [immigrants] pour la seule année 2013, en quête de travail ou d’asile politique, » est-il trop superficiel pour constater qu’en Turquie le PIB a progressé de 4.5% en 2014 et 4% en 2013, et que les demandeurs d’asile ne se dirigent pas vers les riches pays arabes mais vers l’Europe islamophobe ? Ou sert-il encore la soupe à une propagande à bout de souffle ?

Les néo-nazis ne portent pas les juifs dans leur cœur. Pourtant, au beau milieu de la dernière manifestation de Dresde, on peut voir … un drapeau israélien :

Pegida Dresde

Imaginer le même au milieu des antifas, ou des Verts antisionistes qui dénoncent Pegida…

Les opposants à Pegida appartiennent principalement à cette violente extrême gauche néo-fasciste. Les enfants de la lutte des classes par délinquants et immigrants interposés. Les ennemis de la démocratie.

« Les contre manifestants de Pegida sont des [antifa], des Verts opposés à la démocratie directe » constate l’enquête de Franz Walter, professeur de Science politique à l’université de Göttingen.

Pour l’enquête, 5,000 manifestants de Braunschweig, Duisburg et Leipzig ont été interviewés entre le 19 et 21 janvier. 628 ont accepté de répondre aux questions.

Franz Walter : « malgré les limites méthodologiques, nous avons obtenu une image précise de la composition et des comportements d’une portion significative » des contre-manifestants. « 58% n’ont pas d’enfants, »

Voici qui sont les opposants à Pegida :

Age

Le groupe le plus important (25%) a entre 26 et 35 ans. Puis viennent les 46 – 55 ans (19.4%) et les 16 – 25 ans (19.3%). Les 36 – 45 ans et les 56 – 65 ans représentent moins de 15%.

Ce qu’ils ont voté aux dernières élections fédérales

La vaste majorité des manifestants contre Pegida ont voté pour les Verts (41.6%), le SPD socialiste (28.2%) et le Die Linke parti de gauche issu du parti communiste (16.8%).

Opinions politiques

A la question, quels sujets politiques ont le plus d’importance pour vous, la réponse était « solidarité » 68.8%. « Egalitarisme » (41%). « Redistribution » (35.8%) et « séparation des pouvoirs » (22.9%).

Les sujets qui reçoivent les plus faibles taux d’adhésion sont  « l’économie libre » (3.5%) et « l’intérêt national » (2%).

Démocratie directe

Un fossé sépare les manifestants de Pegida, très attachés à la démocratie (ce qui détruit d’ailleurs la thèse selon laquelle ce sont des néo-nazis) et les manifestants du camp opposé sur les sujets de la démocratie directe et de la participation à la démocratie. Seulement 17% des opposants à Pegida affirment être convaincus des bienfaits de la démocratie directe. Chez les supporteurs de Pegida, ils sont environ 70%.

Maintenant, choisissez votre camp…

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

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